À l’initiative de mon collègue Député Paul Christophle, j’ai visité mercredi la zone d’attente de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, dans le cadre des travaux sur la mise en œuvre du Pacte européen sur la migration et l’asile.
Cette Zone d’Attente pour Personnes en Instance (ZAPI) accueille temporairement toute personne non autorisée à entrer sur le territoire français. Dans cette zone, les personnes attendent qu’il soit statué sur leur situation. Elles peuvent également déposer une demande d’asile si elles le souhaitent.
Je connais ce lieu, déjà visité en septembre 2023. La question des zones de placement des personnes qui n’ont pas le droit d’entrer sur notre territoire résonne encore plus aujourd’hui. Le Pacte européen fixe les nouvelles règles européennes sur l’accueil des demandeurs d’asile et la gestion des frontières. Il doit entrer en vigueur le 12 juin prochain.
Lors de cette visite, nous avons pu échanger avec les personnels de la Police aux frontières, de l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA), de la Croix-Rouge et les différents acteurs présents sur place.
Alors que l’application des nouvelles règles est imminente, beaucoup de questions restent sans réponse, y compris pour les personnels chargés de mettre en œuvre ces nouvelles procédures :
- absence de cadre juridique clair pour permettre aux agents de « filtrer » les personnes qui se présentent à la frontière
- fortes incertitudes sur les modalités d’hébergement des demandeurs d’asile et des personnes en attente (l’hébergement est déjà saturé !)
- risques importants de contentieux à venir…
La situation actuelle de la ZAPI est déjà préoccupante :
- sur-occupation des locaux
- chaleur suffocante des chambres, absence d’aération et de climatisation
- problèmes sanitaires (punaises de lit)
- interdiction des téléphones
- perte des bagages des personnes maintenues…
Un constat s’impose : à 15 jours de l’entrée en application du Pacte en Europe, la France n’est pas prête !
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