Déplacement à Calais 2026

Dans le cadre de mes travaux au sein de la Commission d’enquête relative aux conséquences des accords du Touquet, j’ai effectué un déplacement dans le Nord–Pas-de-Calais, du 15 au 17 avril, au plus près des réalités migratoires.

Mon objectif : continuer à rencontrer les acteurs du territoire et comprendre les évolutions de la situation. Depuis 2019, je suis allée en effet plusieurs fois sur le littoral nord pour mieux cerner les problématiques.

 

Ce que j’y ai vu est sans équivoque : la situation évolue, mais elle ne s’améliore pas.

Les zones de départ vers l’Angleterre ne se limitent plus à Calais. Elles s’étendent désormais sur des dizaines de kilomètres, vers le nord jusqu’en Belgique, mais aussi vers le sud. Résultat : des traversées plus longues, plus risquées… et toujours nombreuses.

 

J’ai échangé avec les services de la Préfecture et de la surveillance maritime, ainsi qu’avec les associations missionnées pour l’hébergement, l’accès à des douches, aux soins, etc… J’ai aussi rencontré les forces de l’ordre, mobilisées quotidiennement pour encadrer et dissuader les départs, ainsi que lutter contre les réseaux de passeurs. J’ai pu mesurer l’engagement des personnels sur le terrain.

 

J’ai aussi rencontré des citoyens mobilisés, des associations comme Utopia 56, AMiS, Médecins sans frontière, ou encore l’Auberge des migrants, qui contribuent à répondre, avec des moyens limités, aux besoins essentiels : se nourrir, se couvrir, se soigner. Leur action est remarquable.

 

Ces acteurs associatifs font tous le même constat :

*de plus en plus de femmes et d’enfants dans les campements,

*des conditions de vie toujours indignes,

*des traversées de plus en plus dangereuses,

*et surtout, une hausse inquiétante des traversées sans gilet de sauvetage, augmentant dramatiquement le risque de noyade !

 

Malgré des moyens publics importants, une évidence s’impose : sécuriser davantage le littoral ne suffit pas. La volonté de traverser ne disparaît pas, les personnes se déplacent, ce qui contribue à rendre les traversées plus dangereuses encore.

Nous devons regarder cette réalité en face.

Il n’existe pas de solution simple. Mais une chose est certaine : nous devons remettre de la dignité dans l’accueil des personnes exilées et construire de véritables alternatives à ces traversées dangereuses.

 

Je remercie une nouvelle fois toutes celles et ceux qui, sur le terrain, agissent chaque jour avec humanité, et toutes les personnes que j’ai pu rencontrer lors de ces 3 jours sur place.

 

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Mon déplacement en vidéo : Vidéo (Instagram)