Je suis opposée à la proposition de Gérald Darmanin, Garde des Sceaux, de suspendre les entrées régulières d’immigration en France pendant deux à trois ans (Article Le Figaro). Cette idée est à la fois simpliste, injuste et révélatrice d’une vision utilitariste de l’immigration.
Une suspension temporaire de l’immigration ne résoudrait pas les problèmes structurels du marché du travail ou de l’intégration, mais alimenterait plutôt la peur et la division.
Cette proposition laisse entendre que seuls certains profils seraient “acceptables”, en particulier les médecins. Certes, la France manque de soignants, mais réduire l’immigration à une logique où seuls les médecins auraient le droit de venir travailler est profondément choquant. Cela revient à dire que la valeur d’une personne se limite à son utilité immédiate pour l’État, en ignorant le rôle essentiel joué par d’autres professions.
Cette proposition laisse entendre que seuls certains profils seraient “acceptables”, en particulier les médecins. Certes, la France manque de soignants, mais réduire l’immigration à une logique où seuls les médecins auraient le droit de venir travailler est profondément choquant. Cela revient à dire que la valeur d’une personne se limite à son utilité immédiate pour l’État, en ignorant le rôle essentiel joué par d’autres professions.
Le paradoxe n’est pas celui exposé par Gérald Darmanin mais celui de fermer la porte à des travailleurs qualifiés ou motivés, tout en reconnaissant que notre pays dépend déjà largement de l’apport de l’immigration pour faire fonctionner des secteurs entiers de l’économie. L’immigration n’est pas un robinet que l’on ouvre ou ferme selon les besoins du moment, encore moins un tri à la carte où seuls les profils les plus “rentables” seraient tolérés.
De plus, une politique de quotas décidée par référendum c’est laisser courir le risque de transformer un débat complexe en un simple choix de popularité, ignorant les réalités humaines et économiques et donnant lieu à des décisions fondées davantage sur l’émotion que sur des faits ou une réflexion approfondie.
Enfin, présenter ces mesures comme une réponse rationnelle aux inquiétudes des Français relève davantage de la communication politique que d’une solution sérieuse. Une politique migratoire efficace devrait être pensée sur le long terme, avec humanité, responsabilité et cohérence, et non à travers des annonces spectaculaires qui sacrifient des principes fondamentaux.
Pour toutes ces raisons, je suis en désaccord avec cette proposition, qui déshumanise l’immigration, oppose les travailleurs entre eux et affaiblit l’idée même de solidarité sur laquelle repose notre société.


